Histoire de processus : Jeu De Ligne

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Introduction

Dans le domaine de l’expression artistique, l’innovation ne connaît pas de limites. La fusion de la technologie et de la créativité a donné naissance à un genre captivant connu sous le nom d’art génératif — un univers où les algorithmes et la vision artistique s’entrelacent pour créer des œuvres fascinantes et en constante évolution. Dans cette ère du web3, où les frontières entre tradition et innovation se brouillent, je suis vraiment excité de vous présenter ma dernière collection d’art génératif, « Jeu de ligne ».

En juin, j’ai célébré mon premier anniversaire comme artiste à temps plein (ou presque). Le projet était complété à 90 %, pis j’ai sauté sur l’occasion pour lancer une nouvelle collection sur la plateforme 256art, fraîchement refaite et complètement immersive. Le timing était parfait, et j’ai embarqué avec enthousiasme.

« Jeu de Ligne » consiste en un mint limité de 300 éditions, disponibles au prix de 0,03 ETH.

Au moment d’écrire ces lignes, la collection est presque complète. Plus des trois quarts (226 sur 300) du projet ont déjà été mintés, et je ne pourrais pas être plus reconnaissant pour le soutien que ce projet a reçu. Un merci du fond du cœur à tous ceux qui ont fait partie de ce voyage. Merci.

Vous pouvez explorer et minter « Jeu de Ligne » sur 256art.com, allez-y jeter un œil !

Vous pouvez aussi retrouver toutes mes coordonnées sur mon site web Jbarbeau.art

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Pourquoi « Jeu de Ligne »

Le nom « Jeu de Ligne » m’est venu assez tard dans le projet, probablement une semaine avant la sortie. J’avais considéré plein d’autres noms, mais ils me semblaient tous trop profonds et introspectifs. Je comprends que l’art est l’expression de notre âme, mais mon âme n’était pas dans un endroit profond à ce moment-là. Le projet dégageait une positivité et un côté joueur, tout en maintenant une base solide dans une composition organisée et répétitive (pour illustrer les lignes).

C’est à peu près à cette époque que je suis tombé sur une œuvre du regretté Marcel Barbeau, un artiste très influent du siècle dernier. Il était un membre éminent du collectif d’artistes connu sous le nom des « Automatistes », actif à Montréal dans les années 1940. Aux côtés de Barbeau, on retrouvait des figures comme Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, et bien d’autres.

L’œuvre que j’ai découverte s’intitulait « Jeu de ligne », et le nom a profondément résonné avec le message que je voulais transmettre à travers ma collection. Elle possédait un aspect structurel fort tout en étant vivement colorée. De plus, en explorant l’aspect génératif de mon projet, je tombais souvent sur des structures amusantes.

**Malgré le fait que je partage un nom de famille avec Barbeau et Borduas, je n’ai trouvé aucune donnée confirmant un lien familial avec eux de quelque façon que ce soit

Jeu De Ligne, Marcel Barbeau (1962)

Les idées derrière les lignes

« Jeu de Ligne » a subi une évolution considérable, passant par de nombreuses itérations et styles avant de se solidifier en collection complète. Un aspect est demeuré constant tout au long du processus — les outils que j’utilisais. Le voyage a commencé comme une exploration des systèmes de particules et des champs de flux, pour lesquels j’ai utilisé P5.js en combinaison avec une fonction de bruit personnalisée.

La décision de plonger dans les champs de flux était intentionnelle, même si certains soutiennent qu’ils ont été largement utilisés dans ce domaine. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Simplement parce que je n’avais pas encore eu l’occasion d’explorer à fond le concept et la technique derrière tout ça. Mon objectif était de déterminer dans quelles directions je pouvais orienter cette approche et voir si je pouvais y insuffler ma touche personnelle.

Un des premiers WIP de ce qui est devenu Jeu de Ligne

J’ai commencé à travailler sur ce projet il y a un peu plus d’un an, en juin 2022. J’ai tripoté l’algorithme pendant environ un mois jusqu’à ce que je perde de l’intérêt. Il semblait manquer totalement de direction, pis j’avais du mal à y insuffler des éléments distinctifs. De plus, la fonction de bruit de p5.js semblait avoir tendance à générer des motifs et des structures répétitives sur le canvas quand la valeur d’échelle était réglée sur une plage plus élevée. Si vous regardez l’image, vous remarquerez la structure récurrente malgré les variations entre les particules.

Défis techniques et percées

Le temps a passé, et environ un an plus tard, en avril 2023, j’ai renoué avec ce projet. Je l’ai rouvert avec un regard neuf, en utilisant une nouvelle fonction de bruit avec l’aide de Piter Pasma. Il a pris le temps de m’expliquer le fonctionnement derrière sa petite fonction et j’ai pensé que c’était une bonne idée de l’utiliser pour donner un coup de vie à ce vieux projet.

Ce qui était autrefois un projet en dormance a bourgeonnée en un arbre plein de fruits. Même si je ne peux pas trop entrer dans les détails, de nombreux projets en cours ont bifurqué à partir de cet ancêtre commun. Ça m’amène à partager un message avec les artistes : un projet qui semble stagnant en ce moment peut très bien s’épanouir dans un futur lointain. Pour ceux qui font de l’art génératif, je recommande fortement d’utiliser un système de gestion de versions comme git. Ça vous permettra de garder trace de toutes vos idées.

À un certain moment, le projet montrait une essence plus fluide, ornée de textures organiques, et son style frisait celui de l’art au fusain traditionnel. J’étais vraiment captivé par cette direction, et je pourrais même y revenir à un stade ultérieur.

WIP au fusain

Un jour, j’ai intentionnellement cassé quelque chose en expérimentant avec le système et en ajustant les paramètres. C’est quelque chose que j’aime vraiment faire. Pour éviter de plonger trop profondément dans la terminologie technique, je vais garder le jargon de codage au minimum. Au départ, j’avais un paramètre qui produisait un nombre à virgule flottante entre -0,5 et 0,5. Cette fonction produisait constamment des valeurs dans cette plage, ce qui influençait l’algorithme pour guider le mouvement de la particule de manière fluide.

Cependant, au lieu d’instruire le programme d’interagir dans la plage de 0,5 et -0,5, je l’ai dirigé pour ne suivre que les valeurs entre 0,004 et 0,12. Ça a introduit un nouvel élément aléatoire dans tout le processus et a perturbé sa fondation uniforme.

Cette modification a donné des résultats comme ceux-ci :

La composition entière a commencé à se déplacer par étapes, les particules se mouvant indépendamment. J’ai commencé à créer ces lignes ou bords mouvants et j’adorais vraiment l’esthétique que ça me montrait.

Par la suite, j’ai décidé que chaque fois que les coordonnées x et y d’une particule se déplaçaient, j’introduirais un nouveau facteur directionnel et le diviserais ensuite par 0,1. Pourquoi j’ai fait ça ? Demandez-moi pas, je fais ça des fois sans raison, juste pour brasser les affaires. De plus, j’ai implémenté une condition selon laquelle si une particule s’aventurait au-delà d’une zone désignée, elle se retrouverait de l’autre côté de cette zone. Ça « piégeait » essentiellement la particule le long du bord de la zone, contribuant à la formation de lignes plus fines chaque fois que la composition se repositionnait sur le canvas.

Finalement, j’ai incorporé une zone plus petite et l’ai introduite comme paramètre de token pour contrôler le cadrage. Ensuite, j’ai opté pour ajuster toute la composition à une taille de 16x22, en m’éloignant du format carré 1:1 initial. Cette modification a considérablement amélioré le style général.

À ce stade, le projet était complété à 90 %. J’ai ensuite incorporé des paramètres aléatoires pour introduire de la diversité dans chaque output. Par exemple, les lignes pouvaient aller de floues à fines, la complexité de la composition pouvait varier de 1 à 6, la palette de couleurs était ajustable, et j’utilisais les paramètres asymétriques mentionnés plus tôt. Cette approche donnait des outputs plus cohérents et aidait à éliminer les résultats indésirables.

Thèmes et variations

Je crois que chaque output porte sa propre narrativité unique. J’encourage tout le monde à choisir une pièce et à prendre le temps de l’observer. Votre cerveau va se mettre à interpréter ce qu’il perçoit, et avant longtemps, vous allez commencer à identifier des éléments dans la composition.

J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec des gens sur Twitter ou Discord, en essayant de donner des noms aux pièces selon nos interprétations collectives.

Voici quelques exemples :

L’Araignée - #102

L’Hippocampe - #32

L’Escargot #123

Le Jeu Continue

J’espère sincèrement que vous avez apprécié ce compte-rendu sur « Jeu de Ligne ». Il a une place spéciale dans mon cœur, et je le considère comme mon projet préféré jusqu’à présent. Si l’art vous touche et que vous avez aimé l’article, pensez à le partager avec vos amis et/ou votre famille. Votre soutien serait vraiment apprécié.

Si vous souhaitez explorer le potentiel de l’algorithme, rendez-vous sur la page du projet de la plateforme 256art et cliquez sur le bouton « variations ». Amusez-vous à générer des outputs à l’infini ! Et si vous avez envie de contribuer au projet, vous pouvez minter une pièce — ce serait vraiment cool. La page « Jeu de Ligne » se trouve ici : https://256art.com/project/jeu-de-ligne-2

Pour ceux d’entre vous qui sont déjà collectionneurs, je vous exprime ma profonde gratitude. Votre soutien me permet de consacrer plus de temps à perfectionner mon art et à offrir encore plus de valeur. De plus, je suis en train de mettre en place un système de base pour gérer les redeemables. Si vous souhaitez commander une impression, vous pouvez me contacter directement par courriel : barbeau.jonathan@gmail.com. Ce sera avec grand plaisir que je vous aiderai.

Un immense merci à toute l’équipe de 256art également. Collaborer avec vous tous a été une expérience formidable, et je suis convaincu que ce n’est pas la dernière !

Je veux aussi en profiter pour exprimer ma profonde gratitude à Piter Pasma pour son aide précieuse dans ma compréhension des algorithmes de bruit.

Je vous souhaite une excellente journée à tous, et j’ai hâte de revenir bientôt pour plonger dans le processus de mon speedrun sur fx(hash) intitulé « Aweille ! »

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À la prochaine !